•9•

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Flambant neuf, Janet Evanovich ■


♥♥♥♥


«- Vaseline ? demanda-t-il.
- Je persiste à penser que ça a une connotation sexuelle, tout ça, intervint Mme Apusenja. Personne ne me fera croire le contraire. Je vous dis que c'est une traînée, celle-là.
- Je ne suis PAS une traînée. J'ai dû arrêter un type qui s'était enduit de graisse, et je me suis collé de ce truc visqueux partout.
La porte du fond s'ouvrit à la volée, et Vinnie entra en trombe.
- Dis-moi tout, lança-t-il à Connie.
-Il n'y a pas grand-chose à dire. Tu te souviens de Mme Apusenja et de sa fille Nonnie ? Samuel Singh leur louait une chambre, elles étaient à la séance photo de la semaine dernière ? Ca fait cinq jours qu'elles ne l'ont pas vu.»


«- Tu ne vas tout de même pas me faire la leçon sur mon alimentation, non ?
Khloune se redressa sur son siège, les yeux écarquillés et affolés comme ceux d'un oiseau.
- Moi ? Non, non, je t'assure, je ne me permettrais pas. J'aime bien les femmes grosses. Pas plus tard que l'autre jour, je me disais que plus les femmes sont rondes, plus elles ont la peau douce. Je n'aime rien tant que de gros oreillers de graisse bien moelleux et bien spongieux. [...]
- Ômondieu ! gémit ma soeur. Il me trouve grosse.»


«Furibarde, je sortis de la salle à manger et, arrivée dans l'entrée, me figeai, la main sur la poignée de la porte.
- Qu'est-ce que tu as fait comme dessert ? criai-je à ma mère.
- Un gâteau au chocolat.
Je fis volte-face et filai à la cuisine. Je me coupai une grosse part de gâteau, l'enveloppai dans du papier alu et sortis en trombe. Oui, je sais, je me comportais comme une idiote. Une idiote, peut-être, mais avec une part du gâteau.»


«- Tu es toujours au régime ? demandai-je. Elle est pleine de légumes, ta glacière ?
- Tu parles ! C'était bidon, ce régime. Je dépérissais, j'aurais pu mourir. J'en ai commencé un autre. Tout ça, là, c'est le régime cent pour cent protéines. Avec celui-là, je vais devenir un super-top model en un rien de temps. Tout ce que j'ai à faire, c'est éviter les hydrates de carbone. Ils sont l'ennemi numéro un. Je peux manger autant de viande, d'oeufs et de fromage que je veux, mais pas de pain, ni de féculents ni toutes ces conneries. Genre, je peux manger un burger, mais pas le pain rond autour. Et pour les pizzas, je peux seulement manger le fromage et les garnitures. Pas la pâte.»


♥♥♥♥


Voilà le livre que j'ai gagné à mon jeu-concours :p. Il vous donne envie de manger ! Je pensais (j'avoue) que c'était un livre à la mode du moment. Facile, simple à lire, rigolo, Amour, Beauté, itou itou. Je ne me suis pas trompée. Mais. Je suis tombée dans le piège. Désopilant à souhait, ce roman vous fait bien marrer. Le côté policier est introduit de façon bien légère mais c'est si drôle qu'on s'en fiche ! Bref. Je m'incline !

. A . L I R E .


# Posté le dimanche 08 juillet 2007 15:17

*•10•*

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L'empreinte de l'ange, Nancy Huston ■


♥♥♥♥


«Dès ce premier instant, avant même de connaître son nom, Raphaël comprend que ça lui est égal, à cette jeune femme, de décrocher ou de ne pas décrocher un emploi. De vivre ou de ne pas vivre. Elle est livrée, abandonnée au monde, sans passion et sans peur. Elle n'a ni la pudeur hypocrite et calculée des filles comme il faut, ni l'impudence tout aussi calculée des putes. Elle est là. Il n'a jamais vu cela.»


«Par exemple, depuis le déclenchement secret de l'Opération Champagne en janvier dernier, nombre de jeunes appelés français ont appris bon gré mal gré à torturer les fellaghas, et ceux que l'on soupçonne d'être ou de cacher le fellaghas, et ceux que l'on soupçonne de savoir quelque chose sur les cachettes possibles des fellaghas possibles, c'est-à-dire un peu n'importe qui dans la population indigène...»


«C'est effrayant à quel point son fils lui fait confiance, s'abandonnant à son étreinte, ne se doutant pas qu'en le serrant un peu plus, un peu plus...»


«- Quoi, pourquoi ? rétorque Andras, irrité. C'est l'Algérie. Tu lis pas les journals ?
Saffie garde le silence.
- Tu sais pas ? insiste Andras. Il y a la guerre, Saffie.
- Non...
Le mot lui échappe. C'est plus fort qu'elle. Il y a la guerre : non.
- Saffie. Tu vis dans un pays en guerre. La France, elle dépense cent milliards de francs par an pour faire la guerre à l'Algérie. Tu sais où c'est l'Algérie ?»


«Depuis quelques semaines Emil appelle Andras Apu, mot qui signifie papa en hongrois. Et Raphaël, c'est papa. En même temps qu'il apprend à parler, autrement dit, on lui apprend à mentir.»


«C'est Rachid qui, connaissant la place qu'occupe un petit garçon franco-allemand dans le coeur de son ami hongrois, a ramené la chaise à bascule d'une décharge à Aubervilliers... et s'est mis en colère quand Andras a osé l'en remercier. Entre frères, ça ne se fait pas.
Oui, il a accepté Andras comme frère dans la lutte.»


«Alors, s'accroupissant à son tour, l'Allemande donne à boire à l'Algérien dans la cour du Hongrois, au milieu des riffs de jazz syncopés des Afro-Américains.»


♥♥♥♥


Un roman effrayant. L'histoire d'une jeune femme perdue entre deux guerres (finie et commencée) qu'elle ne comprend pas, plongée dans une histoire d'amour révélatrice et mensongère, l'histoire d'une époque de malaise où liberté, égalité n'étaient pas des mots tout à fait compris. L'Amour se mêle à la Destruction et les Hommes révélent toute leur Horreur.

. A . L I R E .



# Posté le dimanche 08 juillet 2007 15:24

Modifié le mercredi 11 juillet 2007 06:41

*•11•*

*•11•*
Les Amants imparfaits, Pierrette Fleutiaux ■


♥♥♥♥


«Tu raconteras bien tout, ont-ils dit. C'était plus tard, quand ils se sont mis en tête de me faire prendre des notes sur leur vie, parce qu'ils étaient sûr de mourir bientôt. Et je leur disais "comment je vais faire, je suis jamais allé à New York, j'ai pas de détails, il faut que vous me disiez les choses"»


«Ils veulent être en dehors de l'Histoire, en dehors des généalogies, ils veulent être des météorites tombés du ciel, sans planète d'attache, arrivés déjà âgés de seize ans, ils ne veulent pas être des assassins, je ne sais pas ce qu'ils veulent, ils ont bousillé ma vie.»


«ils vont me lâcher enfin, Léo et Camille, et c'est moi qui les tiendrai, cela se fera, Natacha, parce que j'approche des cent pages et que je n'ai pas lâché prise.»


«C'était simple : si la première définition de ma mère était la bonne, les jumeaux s'étaient bien payé ma tête, j'étais une nouille pour eux, mais si la deuxième définition de ma mère était la bonne, alors j'étais tout pour eux.»


«Je suis devenu le scrutateur des amours de Camille et des amours de Léo, cette chose étrange s'est produite une fois, puis oubliée, puis s'est produite encore. Camille faisait l'amour devant moi avec ses amoureux, il fallait que Léo soit là, et il fallait que j'y sois aussi, et que j'écrive tout dans le cahier des séances et que j'y ajoute les dessins de Léo.»


«Raphaël ? a-t-elle dit encore.
Personne ne répond, et soudain le papillon a ouvert ses ailes, s'est envolé jusqu'à la fenêtre, a disparu.»


♥♥♥♥


Roman étrange. Au début je n'ai pas aimé, mais avec cette présence narratrice si forte... je suis tombée de l'autre côté. Il reste bizarre, ce livre. Je n'ose m'y pencher de trop près. Un peu fouilli, avec ces multiples va-et-vient du passé, présent, futur que fait le narrateur. Et ces cent pages qui semble l'obséder... Roman spécial. A lire ou à ne pas lire. A aimer, à ne pas aimer. Ou, rien. A vous de choisir.

. A . L I R E . ?


# Posté le lundi 09 juillet 2007 05:25

Modifié le mercredi 11 juillet 2007 06:43

*•12•*

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L'élégance des veuves, Alice Ferney ■


♥♥♥♥


«Arthur et Julie Bourgeois eurent cinq filles. Deux d'entre elles moururent jeunes. Les trois autres, Hélène, Henriette et Valentine, convolèrent en justes noces. D'elles sont issus dix-huit petits-enfants, quarante-trois descendants à la deuxième génération,cent cinquante-quatre à la troisième, et à ce jour quatre-vingts déjà à la quatrième.»


«La mort de Jules transforma Valentine. En perdant l'enfant à peine donné elle avait cru connaître la souffrance. Ce n'était pas grand à côté de la peine d'être veuve. Pourtant elle ne renonça pas. Elle était séparé de Jules qui était sa vie, elle devint la vie de Jules.»


«Il avait dit : Gabrielle, je ne veux pas dire encore je vous aime, mais j'ai la résolution et l'ardeur pour le faire, c'est la seule chose qui compte.»


♥♥♥♥


Un beau livre. Encore. Un livre parlant de vie, de mort, de continuité. Par le langage simple et tranquille d'Alice Ferney, la vie passe et s'écoule paisiblement. Je ne peux que dire : j'aime.

. A . L I R E .



# Posté le lundi 09 juillet 2007 05:27

Modifié le mercredi 11 juillet 2007 06:44

•13•

•13•
Golden Joe, Eric-Emmanuel Schmitt ■


♥♥♥♥


«LE PERE. Si tu vois cet enregistrement, c'est que je serai mort. Nous serons le 16 novembre. Quatre heures dix du matin. Tu auras chassé le fretin de la salle des transactions, tu régneras seul au-dessus des chiffres, tu profiteras des affaires japonaises. (Un temps.) Je suis mort, mon fils, je dois être posé dans un pot, sur une commode, chez ta mère, réduit en cendres. Je suis tranquille, je sais que tu ne m'as pas pleuré. Tu as toujours été un garçon sérieux, tu ne t'es jamais distrait sur aucun sentiment. (Un temps.) Si je suis mort c'est qu'on m'a assassiné, mon fils. On m'assassine, en ce moment. Je n'ose croire que les coups viennent bien d'où ils viennent... Enquête, mon fils, enquête, et quand tu auras trouvé l'assassin, venge-moi. C'est tout ce que je t'aurai demandé dans ta jeune vie : venge-moi. »


«JOE. Vous vous appelez comment ?
GUILDEN. Guilden, monsieur.
JOE. Guilden, est-ce que vous savez ce que c'est, l'odeur de l'autre ?
GUILDEN. Oh, je pense bien, monsieur. C'est comme une grosse bouée qui empêche d'approcher. Il y en a une, plus ou moins large, autour de chacun.»


«ARCHIBALD. Nous sommes très contents de ta réaction à notre mariage, ta mère et moi.
JOE. Mais moi aussi, très content, vraiment.
ARCHIBALD. Et ta visite inopinée me fait beaucoup de plaisir !
JOE. Mais moi aussi, beaucoup de plaisir, vraiment.
ARCHIBALD (riant de plaisir). Mon neveu ! Mon neveu ! Que se passe-t-il ? Je ne t'ai jamais vu si chaleureux !
JOE (s'asseyant). J'essaie une nouvelle méthode de communication. On reprend à son compte les derniers mots de la phrase, en ajoutant "vraiment". C'est une technique de négociation qui permet de donner l'impression que les mots ont le même sens.»


«ROSEN. Qu'est-ce que c'est, ce tas ?

Joe, toujours à genoux, regarde les braises, comme hypnotisé, les faisant glisser entre ses mains...

JOE (lentement). Une dignité...»


♥♥♥♥


Hamlet remasterisé. Attention, je n'ai pas dit que c'est mal ! Cette pièce reste frappante, marquante par la densité de l'action et des personnages. Mais moi, elle ne me frappe pas davantage. Même, elle m'ennuie. Tant pis.


# Posté le lundi 09 juillet 2007 14:10

Modifié le mercredi 11 juillet 2007 05:57