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Agence n°1 des Dames Détectives
Les larmes de la girafe, Alexander McCall Smith■


♥♥♥♥


«Peut-être s'agissait-il d'une Américaine qui vivait depuis longtemps en Afrique. Il y en avait beaucoup. Ces gens-là apprenaient à aimer l'Afrique et y restaient, parfois jusqu'à ler mort. Mma Ramotswe le comprenait. Elle avait peine à imaginer que l'on puisse souhaiter vivre ailleurs. Comment pouvait-on survivre sous les climats du nord avec toute cette neige, cette pluie et cette obscurité ?
- Je pourrais vous dire que je cherche quelqu'un, commença Mrs. Curtin en relevant les yeux pour rencontrer le regard de Mma Ramotswe. Mais cela signifierait qu'il y a quelqu'un à trouver, ce qui, je crois, n'est pas le cas.»


«Quelqu'un avait creusé pour l'extraire de la terre, dans la région d'Orapa, on l'avait ensuite poli, puis apporté à Gaborone et serti dans l'or. Tout cela pour permettre à Mma Ramotswe de le porter à l'annulaire de sa main gauche et d'annoncer ainsi au monde que lui, Mr. J.L.B. Matekoni, propriétaire du garage Tlokweng Road Speedy Motors allait devenir son époux.»


«Il passa la langue entre ses dents, comme pour humidifier ses lèvres. Elle le vit, tout comme elle vit de larges taches de sueur marquer ses aisselles. L'un de ses lacets était défait, remarqua-t-elle, et il y avait sur sa cravate une petite auréole de café ou de thé.
- Je n'aime pas du tout faire cela, Rra, reprit-elle. Mais c'est mon métier. Parfois, je suis obligée d'être dure et d'employer des méthodes qui me déplaisent. Mais ce que je fais en ce moment doit être accompli, parce qu'il y a quelque part une Américaine très triste qui voudrait simplement dire au revoir à son fils.»


«- Eh bien, Dr. Ranta, déclara-t-elle doucement, je crois que vous êtes un monsieur qui a souvent menti, surtout, il me semble, aux femmes. A présent, il vient de se passer une chose qui ne vous était sans doute encore jamais arrivée. Une femme vous a menti, et vous êtes tombé dans son piège. Cela ne va pas vous faire plaisir, mais peut-être apprendrez-vous ainsi ce que c'est que d'être manipulé. Figurez-vous que la fille en question n'a jamais existé.»


♥♥♥♥


Superbe ! Ce roman situé en Afrique raconte les péripéties de l'Agence N°1 des Dames Détectives. L'ambiance pleine de délicatesse et de douceur nous fait rêver et le ton du roman démarque et marque beaucoup. Splendide. On ne peut ressortir de cette série qu'avec le sourire.
Mais attention ! Ce livre-là n'est pas le premier de la série !

. A . L I R E .

# Posté le jeudi 16 août 2007 15:01

Modifié le vendredi 17 août 2007 15:14

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Agence n°1 des Dames Détectives
Vague à l'âme au Botswana, Alexander McCall Smith ■


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«- Vous allez avoir besoin d'une femme de ménage, Mma, avait-elle déclaré. Et je sais très bien faire le ménage. Je travaillerai dur et je ne vous poserai aucun problème pour le restant de vos jours. Je peux commencer tout de suite.
Mma Ramotswe se fit aussitôt un jugement. Elle voyait devant elle une femme d'allure respectable, soignée, d'une trentaine d'années. Mais elle voyait aussi une mère, dont l'un des enfants attendait à la grille, les yeux fixés sur elle. Et elle se demandait ce que cette mère avait dit à son petit. Nous mangerons ce soir si cette femme me prend à son service. Il faut espérer. Attend ici, reste sur la pointe des pieds. Reste sur la pointe des pieds. C'était ce que l'on disait, en setswana, quand on espérait voir une chose arriver. L'équivalent de l'expression "croiser les doigts", qu'employaient les Blancs. En jetant un coup d'oeil à la grille, Mma Ramotswe s'aperçut que l'enfant se tenait effectivement sur la pointe des pieds. Elle comprit alors qu'elle ne pouvait donner qu'une seule réponse. Elle regarda la femme.»


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"Un indicible bonheur de lecture"
Madame Figaro.

. A . L I R E .
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# Posté le vendredi 17 août 2007 15:16

Modifié le samedi 18 août 2007 14:10

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Apologie de Socrate. Criton. Phédon. , Platon ■


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«Oui, supposons qu'en réponse à cela vous me disiez : "Socrate, nous ne suivrons pas aujourd'hui l'avis d'Anytos. Nous t'acquittons au contraire, à une condition pourtant : c'est que poursuivre cette enquête, non plus que philosopher, n'occupera pas désormais tout ton temps. Mais, si on te prend encore à le faire, alors tu mourras !
Si c'était donc à ces conditions, dis-je, que vous seriez disposés à m'acquitter, voici ce que je vous dirais : "Athéniens, je vous salue bien et je vous aime ! Mais j'obéirai au Dieu plutôt qu'à vous jusqu'à mon dernier souffle et tant que j'en serai capable, de vous adresser des recommandations, de faire voir ce qui en est à tel de vous qui, en chaque occasion, se trouvera sur mon chemin, en lui tenant le langage même que j'ai coutume de tenir. [...]"»


«... au contraire, si tu t'évades, après avoir, avec une telle vilenie, répondu à l'injustice par l'injustice, au mal par le mal, après avoir transgressé ces accords et ces engagements que personnellement tu avais pris envers, après avoir fait du tort par ta conduite à ceux à qui tu devais le moins en faire : à toi-même, à tes amis, à ta patrie, à nous-mêmes; c'est nous alors qui nous fâcherons contre toi, tant que tu seras en vie, et là-bas, ce sera sans bienveillance qu'elles t'accueilleront, nos soeurs qui sont chez Hadès, quand elles sauront que tu as été, autant que cela était en toi, jusqu'à projeter notre perte. Allons, Socrate ! évite que, de préférence à nous, ce soit Criton qui te persuade de suivre les conseils qu'il te donne !»


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Assez lourd au début, mais finalement ça se lit bien. Ces dialogues retracent la fin de vie de Socrate, dans sa condamnation. C'est très compliqué, j'avoue que je n'ai pas tout compris mais, j'ai aimé la façon dont Socrate s'est défendu devant ses accusateurs.
Je n'ai pas fini le livre, je me suis arrêtée à Phédon (je lisais sans comprendre... :s)

# Posté le samedi 18 août 2007 14:25

Modifié le dimanche 19 août 2007 13:45

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Agence n°1 des Dames Détectives
Les mots perdus du Kalahari, Alexander McCall Smith ■


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«- Ce que je veux vraiment savoir, poursuivit Mma Ramotswe, c'est si vous êtes vraiment heureuse dans votre... au fond de vous. Obtenez-vous ce que vous attendez de la vie ?
Mma Makutsi réfléchit.
- Je ne sais pas très bien ce que j'attend de la vie, déclara-t-elle au bout d'un moment. Avant, j'avais envie de devenir riche, mais maintenant que je connais des gens riches, je n'en suis plus si sûre.
- Les gens riches sont comme les autres, fit remarquer Mma Ramotswe. Je n'ai jamais rencontré de personnes riches qui ne soient pas exactement comme vous et moi. Être heureux ou malheureux n'a rien à voir avec l'argent.
Mma Makutsi hocha la tête.
- Si bien que, maintenant, je sais que le bonheur ne vient pas de l'extérieur. Il vient de l'intérieur.
- De l'intérieur ?
Mma Makutsi ajusta ses grandes lunettes. C'était une lectrice assidue et elle adorait les conversations de ce genre, qu'elle pouvait enrichir de fragments d'articles glanés dans les vieux numéros du National Geographic et du Mail and Guardian.
- Le bonheur se trouve dans la tête, expliquat-t-elle en s'échauffant un peu. Si la tête est remplie de bonheur, la personne est heureuse. C'est évident.
- Et le coeur ? hasarda Mma Ramotswe. Est-ce que le coeur n'intervient pas là-dedans ?
Il y eut un silence. Mma Makutsi baissa les yeux et dessina de son doigt sur un coin poussiéreux de la table.
- Le coeur, c'est là où se loge l'amour, murmura-t-elle.»


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"La littérature d'évasion a bien besoin de ces héros, qui, d'un sourire, ramènent à des vérités premières : celles du coeur.
Michel Parouty, Les échos Week-end

. A . L I R E .
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# Posté le samedi 18 août 2007 15:06

Modifié le dimanche 19 août 2007 13:34

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Agence n°1 des Dames Détectives
La vie comme elle va, Alexander McCall Smith ■


♥♥♥♥


«- Je ne peux pas apporter la voiture à votre garage maintenant, dit-il. Il faut que je parle avec mon frère du fils de notre soeur. C'est un enfant très difficile et nous devons absolument faire quelque chose. Et puis, d'ailleurs, je ne peux pas m'amuser à payer toutes sortes de mécaniciens pour s'occuper de cette voiture. J'ai déjà laissé pas mal d'argent au garage.
Mr. J.L.B. Matekoni baissa les yeux vers ses chaussures.
- Mais je ne vous aurai rien fait payer, Rra. Ce n'est pas pour l'argent que je me suis proposé.
Le silence se fit et règna quelques instants. Le boucher regarda Mr. J.L.B. Matekoni et comprit à quelle sorte d'homme il avait affaire. Et il sut aussi qu'en imaginant que Mr. J.L.B. Matekoni réclamait un paiement, il avait commis une lourde faute de jugement. Car il existait dans le pays des gens qui croyaient encore aux vieilles valeurs du Botswana et qui étaient prêts à faire des choses pour les autres dans le seul but de les aider, et non dans la perspective d'une quelconque récompense. L'homme qu'il avait trouvé allongé sous sa voiture était de ceux-là. Dire qu'il avait versé tant d'argent à des mécaniciens qui lui avaient assuré que tout était en ordre ! D'un autre côté, il fallait reconnaître que l'automobile, au fond, fonctionnait relativement bien, même si le petit problème d'huile subsistait.»


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"Mma Ramoswe fait souffler sur le polar un vent de nostalgie heureuse et de chaleur humaine qui fait de chacune de ses aventures une oasis irrésistible de fraîcheur et de pittoresque fleurissant au coeur du mystère."
Christian Gonzales, Madame Figaro

. A . L I R E .



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# Posté le dimanche 19 août 2007 13:49

Modifié le lundi 20 août 2007 10:41