■ Expériences de vérité ou Autobiographie, M.K. Gandhi ■
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«Je tremblais en tendant à mon père cette confession. Il souffrait alors d'une fistule et gardait le lit, qui était une planche en bois nue. Je lui tendis mon mot et m'assis, à l'autre bout de la planche.
Il lut le mot sans en perdre une ligne, et des larmes perlèrent, coulant sur ses joues et mouillant le papier. Un instant, il ferma les yeux pour réfléchir; puis il déchira le bout de papier. Il s'était mis sur son séant pour lire. Il s'allongea de nouveau. Moi aussi, je pleurais. Je pouvais voir qu'il souffrait atrocement. Si j'étais peintre, il me serait encore facile aujourd'hui de fixer toute la scène, tant elle vit toujours dans mon esprit.
Ces perles de douleur et d'amour purifièrent mon coeur, le lavant du péché. Il faut avoir connu pareil amour pour en connaître l'exacte qualité.»
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«J'ai dit que Bâlâsoundaram était entré dans mon bureau, tenant sa coiffure à la main. Ce détail avait quelque chose de singulièrement pathétique - autre preuve de l'humiliation où l'on nous tenait. J'ai déjà relaté l'anecdote du turban que j'avais dû ôter. On avait imposé à tous les travailleurs contractuels, comme à tous les étrangers d'origine indienne, l'habitude de retirer leur coiffure, lorsqu'ils se trouvaient en présence d'un européen - que cette coiffure fût une casquette, un turban ou une écharpe enroulée autour de la tête. Aucun salut, fût-ce les deux bras levés, n'était jugé suffisant. Bâlâsoundaram s'était imaginé qu'il devait sacrifier à cette coutume, même devant moi. C'était la première fois que pareille chose m'arrivait. J'en éprouvai de l'humiliation et le priai de renouai son écharpe. Ce qu'il fit, non sans une certaine hésitation. Mais je n'en vis pas moins son visage s'éclairer de joie.»
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«A la fin, elle me lança un défi : elle me dit que même moi, je serais incapable de renoncer à ces aliments, me conseillât-on de le faire. Je fus à la fois peiné et ravi - ravi de cette occasion de lui montrer tout l'amour que je lui portais.
- Vous vous trompez, lui dis-je. Si j'étais souffrant et si le docteur me conseillait de renoncer à ces aliments comme à d'autres, je n'hésiterais pas une seconde. Mais tenez ! - sans même l'avis d'un médecin je renonce au sel et aux légumineuses pour toute une année, que vous en fassiez autant ou non.
Cette réponse la bouleversa terriblement et elle se récria, pleine de chagrin :
- Pardonnez-moi, je vous en supplie. Vous connaissant, je n'aurais pas dû vous provoquer. Je promets de m'abstenir de ces aliments; mais pour l'amour du Ciel, reprenez votre voeu. Vous me feriez trop de peine.»
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C'est vraiment merveilleux de lire la vie de Gandhi avec ses propres mots. Après l'avoir terminé, je ne peux qu'admirer encore plus cet homme qui fit l'indépendance de l'Inde. Malgré le fait qu'il dise qu'il ne soit qu'un homme parmi tant d'autres, je ne peux pas croire qu'il ait été n'importe qui.
Monsieur Gandhi, je vous admire.
. A . L I R E .